Analysis of clinical factors affecting the rates of fatal pulmonary embolism and bleeding in cancer patients with venous thromboembolism

Date: Le 20 décembre 2017

Titre complet: Analysis of clinical factors affecting the rates of fatal pulmonary embolism and bleeding in cancer patients with venous thromboembolism

SOURCE URL: doi.org/10.1016/j.heliyon.2016.e00229

Mots clés : Maladie thromboembolique veineuse, Cancer, Anticoagulants, Embolie pulmonaire fatale, Hémorragie.

Auteurs : Trujillo-Santos J, Martos FM, Font C, Farge-Bancel D, Rosa V, Lorenzo A,  Barrón M, Lorente MA, Pedrajas JM, Monreal M.

Rédacteur : Dr. Juliette PENICHOUX

Texte :

La maladie thromboembolique veineuse (MTEV) est une cause majeure de mortalité chez les patients atteints de cancer. Dans ce contexte, une anticoagulation par héparine de bas poids moléculaire (HBPM) pour une durée de 6 mois est recommandée pour le traitement de la MTEV constituée. Le bénéfice thérapeutique du traitement anticoagulant doit être pondéré par le risque hémorragique associé.

Cette étude avait pour objectif de déterminer, à partir des données du registre RIETE (Registro Informatizado Enfermedad TromboEmbolica), une cohorte prospective multicentrique recensant les cas de MTEV, les facteurs de risque d’embolie pulmonaire (EP) ou d’hémorragie fatales.

De mars 2001 à mars 2016, 10962 patients atteints de cancer ayant présenté une thrombose veineuse profonde (TVP) ou une EP ont été inclus dans le registre RIETE :  5740 patients ayant présenté une EP, et 5222 patients ayant présenté une TVP sans EP. Une EP fatale est survenue chez 239 de ces patients (2.17%), le plus souvent sous traitement anticoagulant (96%), tandis qu’une hémorragie fatale est survenue chez 170 patients (1.55%), dans 88% des cas sous traitement anticoagulant.

Les patients qui ont développé une EP fatale présentaient à l’inclusion plus fréquemment une hémorragie majeure récente (7.4% vs 2.4%, p<0.001), un taux de plaquettes anormal (21% vs 10%, p<0.001), une hyperleucocytose (51% vs 22%, p<0.001), une immobilisation de plus de 4 jours (36% vs 13% ; p<0.001), une embolie pulmonaire (87% vs 51%, p<0.001) ou une TVP des membres supérieurs.

Les patients qui ont développé une hémorragie fatale présentaient à l’inclusion plus fréquemment une pathologie respiratoire chronique (15% vs 10%, p<0.05), une insuffisance rénale (44% vs 36%, p<0.05), un saignement majeur récent (7% vs 2.4%, p<0.001), une anémie (71% vs 57%, p<0.001), un taux de plaquettes anormal (18% vs 10%, p<0.05), une hyperleucocytose (34% vs 22%, p<0.001), une immobilisation de plus de 4 jours (29% vs 13%, p<0.001).

L’EP est la cause de décès la plus fréquente après le cancer disséminé, avant les insuffisances respiratoires, les infections, puis les hémorragies. Parmi les patients qui, à l’inclusion, avaient présenté une EP, la survenue d’une EP fatale a été deux fois plus fréquente que les décès dus à une infection, et trois fois plus fréquente que les décès par hémorragie ; les EP fatales sont survenues le plus souvent dans le premier mois de traitement (196/223, 88%). Parmi les patients qui, à l’inclusion, avaient présenté une TVP sans EP, le taux d’EP fatale a été moindre, et les décès par hémorragie trois fois plus fréquents que les décès par EP. Les décès par hémorragie sont survenus après une durée plus longue d’anticoagulation que les décès par EP (50% des décès par EP sont survenus dans les 6 jours, tandis que 50% des hémorragies sont survenus dans le premier mois).

 

Les risque de décès par EP et par hémorragie sont donc dépendants de la présentation initiale de la MTEV, ce qui suggère que le traitement anticoagulant pourrait être adapté au profil clinique du patient. D’autres études sont nécessaires pour permettre de mettre au point de nouvelles stratégies d’anticoagulation adaptées au patient, en termes de durée et de posologie.