Association of Warfarin Use with Lower Overall Cancer Incidence Among Patients Older Than 50 Years

Date: Le 1er décembre 2017

Titre complet: Association of Warfarin Use with Lower Overall Cancer Incidence Among Patients Older Than 50 Years

SOURCE URL: doi: 10.1001/jamainternmed.2017.5512.

Mots clés : Anti-vitamines K, Cancer

Auteurs : Haaland GS, Falk RS, Straume O, Lorens JB

Rédacteur : Dr. Francis CAJFINGER

Texte :

Dans des modèles expérimentaux de cancer, la coumadine inhibe la tumorigenèse dépendante des inhibiteurs de tyrosine kinase AXL et augmente les réponses immunitaires anti-tumorales lorsqu’elle est utilisée à des doses non anticoagulantes.

Cette étude s’est intéressée à l’impact d’un traitement chronique par coumadine sur l’incidence des cancers dans une large cohorte de patients.

Les données du Registre National Norvégien ont été couplées aux données du Registre de Prescriptions Norvégiennes et à celles du Registre Norvégien du Cancer. La cohorte a inclus toutes les personnes (1 256 725) nées entre le 01 Janvier 1924 et le 31 Décembre 1954, demeurant en Norvège entre 01 janvier 2006 et le 31 Décembre 2012. Cette cohorte a été divisée en 2 groupes, un groupe de sujets traités par coumadine, et un groupe de sujets non traités par coumadine. Les données ont été recueillies entre 2004 et 2012 et l’analyse des données a été conduite entre 2016 et 2017.

L’usage de coumadine était défini comme une prescription d’au moins 6 mois précédant d’au moins de 2 ans un diagnostic de cancer. Tous les diagnostics de cancer de tous types ont été recueillis pendant cette période d’observation de 7 ans.

Résultats

Parmi les 1 256 725 personnes de la cohorte, 607 350 (48,3%) étaient de sexe masculin et 649 375 (51,7%) de sexe féminin, 132 687(10,6%) ont eu un diagnostic de cancer, 99 942(7,4%) recevaient de la coumadine, et 1 163 783(92,6%) n’en recevaient pas. Les patients sous coumadine étaient plus âgés, avec un âge moyen de 70.2 ans, étaient plutôt des hommes (57 370 soit 61,7%) alors que les non utilisateurs avaient un âge moyen de 63.9 ans et étaient plutôt des femmes (613 803 soit 52,7 %). Après appariement sur l’âge et le sexe, le taux d’incidence de tous les types de cancer était significativement plus faible chez les sujets traités par coumadine (IRR, 0.84; IC à 95%, 0.82-0.86), en particulier les taux d’incidence de cancer du poumon (IRR, 0.80 ; IC à95%, 0.75-0. 86), de cancer de la prostate (IRR, 0.69 ; IC à 95%, 0.65-0.72), et de cancer du sein (IRR, 0.90 ; IC à95%,0.82-1.00) étaient diminués. Aucun effet du traitement par coumadine n’a été été observé sur le cancer colorectal (IRR, 0.99; IC à 95 %,0.93-1.06). Dans une analyse de sous-groupe de malades ayant une AC/FA ou un flutter, l’IRR était plus faible pour tous les cancer (IRR, 0.62; IC à 95 %, 0.59-0.65) et dans les localisations prévalentes : poumon (IRR, 0.39 ; IC à 95%, 0.33-0.46), prostate (IRR, 0.,60 ; IC à 95%, 0.55-0.66), sein (IRR, 0.72 ; IC à 95%,0.59-0.87) et colon (IRR, 0.71 ; IC à 95%,0 .63-0.81).

Conclusion

La coumadine pourrait avoir un large potentiel anti tumoral dans une grande cohorte de population âgée de plus de 50 ans. Ces résultats pourraient avoir des implications importantes dans les choix des médicaments pour les malades nécessitant une anticoagulation.

QUE FAUT IL EN RETENIR ?

Dans cette étude cohorte norvégienne incluant plus d’un million de patients, ceux âgés de plus de 50 ans ont été suivis pendant 7 ans afin de comparer le risque global de cancer chez ceux recevant de la coumadine par rapport à ceux n’en recevant pas. L’âge moyen des malades sous coumadine était de 70.2 ans contre 63.9 ans chez ceux n’en recevant pas. L’incidence de tous les cancers a été significativement plus faible chez les malades sous coumadine, en particulier le taux de cancers du poumon, de la prostate et du sein. Il n ‘y avait aucune différence significative ans le taux de cancer colorectal entre les deux groupes.

Chez les patients âgés de plus de 50 ans, la prise de coumadine semble protéger contre le développement d’un cancer, ce qui pourrait avoir des implications quant aux décisions concernant la nécessité d’un traitement par anticoagulant.