Cancer associated thrombosis in patients with implanted ports: a prospective multicenter French cohort study (ONCOCIP)

Date: 12 Novembre 2018

Titre complet : Cancer associated thrombosis in patients with implanted ports: a prospective multicenter French cohort study (ONCOCIP).

Source URL : https://doi.org/10.1182/blood-2018-03-837153

Mots clés : Cathéter veineux central ; cancer ; thrombose

Auteurs : Decousus H, Bourmaud A, Fournel P, Bertoletti L, Labruyère C, Presles E, Merah A, Laporte S, Stefani L, Piano FD, Jacquin JP, Meyer G, Chauvin F; ONCOCIP Investigators.

Redacteur : Dr. José Antonio RUEDA CAMINO.

Texte :

L’emploi de cathéters veineux centraux (CVC), notamment des ports à chambre implantable, est de plus en plus fréquent en raison du nombre croissant de patients atteints de cancer qui reçoivent une chimiothérapie ou des soins de support par voie intraveineuse. Chez ces patients, le risque thromboembolique est augmenté, en particulier le risque de thrombose veineuse profonde du membre supérieur, en raison de l’agression vasculaire induite d’une part par le cathéter lui-même et d’autre part par les produits qui y sont perfusés. Il est donc très important d’identifier les patients porteurs d’un CVC qui sont à haut risque thrombotique puisqu’ils pourraient bénéficier d’une thromboprophylaxie.

Afin de déterminer les facteurs de risque de thrombose associée au CVC, une étude de cohorte, prospective, multicentrique a été conduite en France. Vingt-neuf centres ont participé à cette étude. Les patients inclus étaient atteints d’une tumeur solide (la présence d’une hémopathie était un critère d’exclusion) et portaient un CVC depuis moins d’un mois. Pour chaque patient les données démographiques, médicales et les données concernant la pose du CVC ont été recueillies. Tous les patients ont été suivis pendant un an à intervalles réguliers. La recherche d’une thrombose associée au CVC (avec ou sans embolie pulmonaire associée) n’était effectuée qu’en cas de signes cliniques évocateurs.

Au total, 3032 patients ont été inclus. L’âge moyenne était 61,8 ans, ce qui représente une population assez jeune. Seuls 1% des patients avaient un ECOG Performance Status 3 ou 4 (presque 91% avaient un PS à 0 ou 1).   Un tiers des patients avaient un cancer du sein (l’une des néoplasies à risque thrombotique le plus faible). Un cancer métastatique n’était identifié que chez 43% des patients.

L’incidence de thrombose associée au CVC a été de 3,8%. Dans la quasi-totalité des cas, une thrombose du membre supérieur isolée a été retrouvée ; une embolie pulmonaire associée a été retrouvée dans seulement 0,5% des cas. Ces taux sont similaires à ceux qui ont été décrits dans la littérature. Certains patients ont reçu une anticoagulation à dose prophylactique pendant la période d’étude ; même si l’indication de ce traitement n’a pas été enregistrée, on peut penser qu’il a été indiqué chez des patients jugés comme étant à haut risque thrombotique.

En analyse multivariée, un seul facteur de risque indépendant a été identifié : le site d’insertion du cathéter (veine céphalique). Un traitement par antiplaquettaires a été associé à un risque diminué de thrombose à 12 mois.

Certains facteurs de risque de thrombose (antécédent de MTEV, âge, type de cancer, etc.) précédemment identifiés chez les patients avec cancer non porteurs de cathéter ne sont pas associés à la survenue d’une thrombose sur cathéter dans cette population. Les auteurs attribuent donc la survenue d’une thrombose associée au CVC à l’influence des facteurs purement mécaniques qui doivent pris en compte pour prévenir la thrombose, il faut notamment éviter l’emploi de la veine céphalique. Les antiplaquettaires pourraient aussi avoir leur place dans ce contexte.

Ces résultats doivent cependant être interprétés avec prudence au vu des limites inhérentes aux études observationnelles.