Chemotherapy, Genetic Susceptibility, and Risk of Venous Thromboembolism in Breast Cancer Patients.

Date : Le 7 Novembre 2016

Titre complet: Chemotherapy, Genetic Susceptibility, and Risk of Venous Thromboembolism in Breast Cancer Patients.

SOURCE URL : doi: 10.1158/1078-0432.CCR-16-1110

Mots clés : maladie thromboembolique veineuse, cancer du sein, facteurs de risque.

Auteurs : Judith S. Brand, Elham Hedayati, Keith Humphreys, Jonas F. Ludvigsson, Anna L.V. Johansson, Jonas Bergh, Per Hall and Kamila Czene

Rédacteurs : Dr Francis Cajfinger

 

Texte : En pratique quotidienne, il est certain qu’on n’envisage pas une thromboprophylaxie chez les malades porteuses d’un cancer du sein et devant recevoir une chimiothérapie. L’étude de Brand et coll. évoque une hypothèse très intéressante : les malades sous chimiothérapie et situées dans le cinquième percentile de prédisposition génétique avaient un risque accru d’évènements thromboemboliques veineux (ETEV): l’incidence cumulée à 1 an chez les malades ayant ces 2 facteurs de risque était de 9.5 % contre 1.3% chez celles sans facteurs de risque. (P < 0.001). Lorsque les patientes sont stratifiées selon l’âge, les auteurs notent que l’augmentation du risque lié à la prédisposition génétique était plus importante chez les patientes plus âgées (p = 0.04), entraînant un sur risque chez les patientes génétiquement prédisposées de plus de 60 ans recevant une chimiothérapie avec une incidence cumulée à 1 an égale à 25.0 %.

Que peut-on en tirer comme informations ? Cette étude montre que, grâce à l’étude du génome, il est possible d’utiliser des renseignements sur les prédispositions génétiques afin d’identifier des malades à risque élevé de développer un ETEV. A mon avis, si ces renseignements sont associés à d’autres facteurs de risque reconnus ainsi que des biomarqueurs, ils pourront guider des études futures évaluant en routine le risque thromboembolique chez les patientes en ambulatoire et devant recevoir une chimiothérapie, et donc envisager une thromboprophylaxie chez des malades à haut risque. Dans la mesure où les patientes plus âgées ont une “empreinte “génétique plus prononcée et une incidence plus élevée d’ETEV, cette population mérite un intérêt tout particulier dans les futures stratifications des risques. Il est à noter que le petit nombre de patientes âgées à forte prédisposition génétique et devant recevoir une chimiothérapie constitue la limite principale de cette étude. En tout cas, des études à plus grande échelle sont nécessaires afin de fournir des estimations plus précises du risque thromboembolique ainsi que des bénéfices et des effets indésirables de la thromboprophylaxie chez les malades à haut risque.