Comparative effectiveness of direct oral anticoagulants and warfarin in patients with cancer and atrial fibrillation

Date: Le 16 mars 2018

Titre complet: Comparative effectiveness of direct oral anticoagulants and warfarin in patients with cancer and atrial fibrillation.

SOURCE URL: 10.1182/bloodadvances.2017010694.

Mots clés : Fibrillation atriale, Cancer, Antivitamines K, Anticoagulants oraux directs

Auteurs : Shah S, Norby FL, Datta YH, Lutsey PL, MacLehose RF, Chen LY, Alonso A

Rédacteur : Dr. Corinne FRERE

Texte :

La fibrillation atriale (FA) est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent. Sa prévalence est de 1.5% à 2% dans la population générale, mais elle atteint 10 % après 80 ans et 18% après 85 ans. Outre le vieillissement du cœur, l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque, les valvulopathies, les maladies pulmonaires chroniques, le diabète, les dysthyroïdies, l’insuffisance rénale chronique et le cancer, ainsi ses traitements, sont des facteurs qui prédisposent à la FA. La FA est la cardiopathie emboligène la plus fréquente et expose les patients à un risque accru de complications cardiovasculaire : le risque d’AVC est multiplié par cinq, le risque d’insuffisance cardiaque multiplié par trois, et le taux de mortalité multiplié par deux. Les infarctus cérébraux liés à la FA peuvent en grande partie être prévenus grâce au traitement anticoagulant. L’efficacité des Antivitamines K (AVK) et des Anticoagulants oraux directs (AOD) dans cette indication est bien établie ; selon les recommandations récentes, le traitement anticoagulant est recommandé pour tous les patients ayant un score CHA2DS2Vasc supérieur ou égal à 2.

Compte tenu de l’incidence croissante des tumeurs malignes chez les personnes âgées, et de leur coexistence avec des comorbidités prédisposant à la FA, la prise en charge de la FA chez les patients âgés atteints de cancer est une situation clinique de plus en plus fréquente.

Cette étude de registré a analysé les bases de données MarketScan afin de comparer l’efficacité et la sécurité des AVK et des AOD chez les patients atteints de FA et traités simultanément pour cancer actif. De 2010 à 2014, tous les patients ayant débuté un traitement anticoagulant oral pour prévenir les complications thrombotiques de la FA et traités pour cancer actif ont été inclus. 16 096 patients (âge moyen, 74 ans) ont été analysés. Ils ont été appariés par l’âge, le sexe, la date d’entrée dans le registre et la date d’initiation du médicament. Les end-points de l’étude ont été la survenue d’un AVC ischémique, d’une hémorragie majeure ou non majeures, et d’un épisode de MTEV.

Comparé à ceux observés dans le groupe warfarine, les taux d’hémorragies ont été similaires dans les groupes rivaroxaban (HR,1.09 ; IC à 95%, 0.79-1.39) et dabigatran (HR, 0.96 ; IC à 95%, 0.72-1.27), tandis que les taux d’hémorragies ont été significativement plus faibles dans le groupe apixaban (HR, 0.37 ; IC à 95%, 0.17- 0.79). Comparé à ceux observés dans le groupe warfarine, les taux d’AVC ischémiques ont été similaires dans les groupes rivaroxaban, dabigatran et apixaban. Enfin, les taux de MTEV ont été significativement plus faibles dans les groupes rivaroxaban (HR,0.51 ; IC à 95%, 0.41-0.63), dabigatran (HR,0.28 ; IC à 95% ,0.21-0.38) et apixaban (HR, 0.14 ; IC à 95% ,0.07-0.32) que dans le groupe warfarine.

Ces résultats sont résumés sur la figure suivante :

Les résultats de cette large étude de registre indiquent que dans la population étudiée, l’efficacité et la sécurité des AOD pourraient être supérieure à celles des AVK chez les patients atteints de cancer et de FA. D’autres études sont bien-sûr nécessaires afin de confirmer ces résultats.