Comparison of an Oral Factor Xa Inhibitor With Low Molecular Weight Heparin in Patients With Cancer With Venous Thromboembolism: Results of a Randomized Trial (SELECT-D)

Date: Le 16 Mai 2018

Titre complet: Comparison of an Oral Factor Xa Inhibitor With Low Molecular Weight Heparin in Patients With Cancer With Venous Thromboembolism: Results of a Randomized Trial (SELECT-D).

SOURCE URL: 10.1200/JCO.2018.78.8034.

Mots clés : Maladie thromboembolique veineuse, Cancer, Héparine de bas poids moléculaire, Rivaroxaban

Auteurs : Young AM, Marshall A, Thirlwall J, Chapman O, Lokare A, Hill C, Hale D, Dunn JA, Lyman GH, Hutchinson C, MacCallum P, Kakkar A, Hobbs FDR, Petrou S, Dale J, Poole CJ, Maraveyas A, Levine M

Rédacteur : Dr. Corinne FRERE

Texte :

Après HOKUSAI VTE CANCER, SELECT-D est le deuxième essai clinique randomisé ayant comparé l’efficacité et la sécurité d’un anticoagulant oral direct (AOD), le rivaroxaban au traitement de référence (HBPM) de la Maladie Thromboembolique Veineuse (MTEV) chez les patients atteints de cancer. Il s’agit d’un essai pilote de phase III randomisé, ouvert, multicentrique (58 centres), en intention de traiter.

Résultats :

Quatre cent six patients avec cancer actif ayant présenté un premier épisode de MTEV ont été inclus prospectivement. A l’inclusion, 53% des évènements thromboemboliques étaient des EP de découverte fortuite. Plus de la moitié des patients (59%) avaient une maladie tumorale métastatique, et 69% d’entre eux recevaient un traitement anticancéreux (dont 83% une chimiothérapie conventionnelle et 15% une thérapie ciblée).

Les patients ont été randomisés en deux groupes : un groupe rivaroxaban (15 mg deux fois par jour pendant 21 jours puis 20 mg une fois par jour pour une durée totale de traitement de 6 mois) et un groupe daltéparine (200 UI/Kg/j pendant 30 jours puis 150 UI/j pour une durée totale de traitement de 6 mois). Dans le groupe rivaroxaban, 4% (IC 95% : 2-9%) des patients ont présenté une récidive de MTEV vs. 11% (IC 95% : 7-16%)dans le groupe daltéparine (HR, 0.43; IC 95%, 0.19 -0.99)]. Le suivi a été de 6 mois. Le taux d’hémorragies majeures a été similaire dans les 2 groupes [6% (IC 95% : 3-11 %) dans le groupe rivaroxaban vs. 4% (IC 95% : 2-8%) dans le groupe daltéparine, (HR,1.83 ; IC 95%, 0.68 -4.96)], tandis que le taux d’hémorragies non majeures mais cliniquement pertinentes a été significativement plus élevé dans le groupe rivaroxaban [13% (IC 95% : 9-19%) vs. 4% (IC 95% : 2-9%) dans le groupe daltéparine (HR, 3.76; IC 95%, 1.63 – 8.69]. Les hémorragies étaient majoritairement des hémorragies de la sphère digestive ou urologique. Aucune différence entre les 2 groupes n’a été observée en termes de survie globale à 6 mois : 75% (IC 95% : 69-81%) dans le groupe rivaroxaban vs. 70% (IC 95% : 63%-6%) dans le groupe daltéparine.

L’étude SELECT-D sont donc concordants avec ceux, publiés récemment dans « The New England Journal of Medicine », de l’étude HOKUSAI VTE CANCER.

Une méta-analyse récente de ces 2 essais montre que, comparés aux HBPM, les AOD sont associés à un risque relatif (RR) de 0.65 (IC 95 % : 0.42-1.01) pour le risque de récidive de MTEV, à un RR de 1.74 (IC 95 % : 1.05-2.88) pour le risque d’hémorragie majeure, et à un RR de 2.31 (IC 95 % : 0.85-6.28) pour le risque d’hémorragies non majeures mais cliniquement pertinentes.

Une très grande prudence s’impose donc quant à l’utilisation des AOD chez les malades atteints de cancers digestifs ou de la sphère urologique, et chez les malades dont le risque hémorragique est élevé.