Impact of ALK Rearrangement on Venous and Arterial Thrombotic Risk in Non-Small Cell Lung Cancer

Date: 1er Juin 2020

Titre: Impact of ALK Rearrangement on Venous and Arterial Thrombotic Risk in Non-Small Cell Lung Cancer

Source URL: doi:10.1016/j.jtho.2020.04.033

Mots-clés: Maladie Thromboembolique Veineuse ; Cancer du poumon ; Statut mutationnel AKL

Auteurs: Al-Samkari H, Leiva O, Dagogo-Jack I, Shaw A, Lennerz J, Iafrate AJ, Bendapudi PK, Connors JM.

Rédacteur: Dr Corinne FRERE

Texte :

Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) est le type de cancer du poumon le plus répandu : il représente près de 9 cas sur 10. Il est associé à des mutations activatrices de l’EGFR dans 10% des cas, à des réarrangements ALK dans 5% des cas et à des réarrangements ROS1 dans 1% des cas.

Selon les recommandations internationales ITAC 2019, une prophylaxie pharmacologique par anticoagulants directs oraux (AOD, rivaroxaban ou apixaban) est recommandée chez les patients ambulatoires traités par chimiothérapie systémique à risque intermédiaire ou élevé de Maladie Thromboembolique Veineuse (cancer du pancréas ou score de Khorana ≥2), en l’absence de saignement actif et en l’absence de risque hémorragique élevé. [Grade 1B].

Cependant, plusieurs études ont démontré qu’en cas de CPNCP, les performances diagnostiques du score de Khorana pour stratifier les patients à risque élevé de Maladie Thromboembolique Veineuse (MTEV) étaient faibles voire nulles. Par ailleurs, des données de la littérature suggèrent que chez les patients atteints de CPNCP, les réarrangements ALK sont associés une augmentation du risque de MTEV.

L’objectif de cette étude rétrospective était d’évaluer le risque de MTEV et de thrombose artérielle chez les patients atteints de CPNCP à un stade avancé avec ou sans réarrangement ALK.

Au total, 422 patients avec CPNCP et réarrangement ALK et 385 patients avec CPNCP sans réarrangement ALK ont été inclus dans l’analyse. Les patients avec réarrangement ALK étaient plus jeunes (âge moyen 50 ans versus 66 ans, p<0.0001), en meilleur état général (p<0.0001) et avaient moins de facteurs de risque de thrombose au diagnostic (présence de métastases cérébrales, obésité morbide, antécédent de MTEV, chirurgie <90 jours, chimiothérapie thrombogène).

Le taux de MTEV a été significativement plus élevé chez les patients avec réarrangement ALK que chez les patients sans réarrangement ALK (42,7% versus 28,6%). De même, le taux de récidives de MTEV a été significativement plus élevé chez les patients avec réarrangement ALK que chez les patients sans réarrangement ALK (13,5% versus 3,1%). En revanche, le taux de thrombose artérielle a été similaire dans les 2 groupes (5,0% versus 4,4%). L’analyse multivariée montre que le risque de MTEV attribuable aux réarrangements ALK est statistiquement significatif [modèle de Cox: HR 3,70 ; IC à 95% 2,51-5,44;  P <0,001); risques concurrents: SHR 3,91 ; IC 95% 2,55-5,99 ; P <0,001)]. La modélisation binomiale négative a permis de démontrer que taux de MTEV était plus élevé chez les patients avec réarrangement ALK que chez les patients sans réarrangement ALK (IRR 2,47; IC à 95% 1,72-3,55 ; P <0,001), de même pour le taux de récidives de MTEV (IRR 4,85 ; IC à 95% 2,60- 9,52 ; P <0,001). L’analyse multivariée montre que le risque de thrombose artériel attribuable aux réarrangements ALK est statistiquement significatif [modèle de Cox: HR 3,15 ; IC à 95% 1,18-8,37 ; p=0,021; risques concurrents: SHR 2,80 ; IC 95%, 1,06-7,43 ; P = 0,038).

En conclusion, cette étude rétrospective de large effectif montre que les réarrangements ALK sont associés à un risque 3 à 4 fois plus élevé de MTEV et de récidive de MTEV chez les patients atteints de CPNPC à un stade avancé.  Une prophylaxie pharmacologique de la MTEV doit par conséquent être discutée chez ces patients, en l’absence de contre-indication et de risque hémorragique élevé.