Medium and long-term risks of specific cardiovascular diseases in survivors of 20 adult cancers: a population-based cohort study using multiple linked UK electronic health records databases

Date: 1er Novembre 2019

Titre: Medium and long-term risks of specific cardiovascular diseases in survivors of 20 adult cancers: a population-based cohort study using multiple linked UK electronic health records databases.

Source URL : doi: 10.1016/S0140-6736(19)31674-5.

Mots clés : Maladies cardiovasculaires – Maladie thromboembolique veineuse- Cancer– Etude de cohorte

Auteurs: Strongman H, Gadd S, Matthews A, Mansfield KE, Stanway S, Lyon AR, Dos-Santos-Silva I, Smeeth L, Bhaskaran K.

Rédacteur : Dr. Corinne FRERE

Texte :

Au cours des dernières décennies, l’utilisation de nouveaux traitements anticancéreux a permis une amélioration significative de la survie des patients atteints de cancer. Ces traitements exposent cependant ces patients à des toxicités cardio-vasculaires immédiates ou à long terme qui pourraient participer à une réduction de l’effet bénéfique global des traitements anticancéreux sur la survie.

Les résultats d’une vaste étude de cohorte reposant sur la base de données britannique UK Clinical Practice Research Datakink montrent que les patients ayant été traités pour cancer ont un risque augmenté de maladies cardiovasculaires à moyen et long terme. Ces résultats ont été récemment publiés dans la revue Lancet.

Au total, 108 215 patients atteints de de cancer et encore en vie au moins un an après le diagnostic de cancer ont été inclus dans l’analyse et appariés, sur l’âge et le sexe, à 523 541 contrôles.

Après ajustement sur les facteurs de risque cardiovasculaires classiques, le risque de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) était significativement augmenté par rapport à la population générale pour 18 cancers sur 20, le risque d’insuffisance cardiaque ou de cardiomyopathie pour 10 cancers sur 20, le risque de trouble du rythme cardiaque pour 8 cancers sur 20, le risque de péricardite pour 8 cancers sur 15, le risque de coronaropathie pour 5 cancers sur 20, le risque d’AVC pour 5 cancers sur 20, et le risque de valvulopathie pour 3 cancers sur 18.

Le risque de MTEV était particulièrement élevé dans les 2 ans suivant le diagnostic, puis diminuait progressivement avec le temps, mais restait significativement augmenté après 5 ans, et même après 10 ans pour les cancers colorectaux (HR, 1.61 ; IC à 95%, 1.10–2.35 ; p=0.014), les lymphomes non hodgkiniens (HR, 3.94, ; IC à 95%, 1.65–9.43; p=0.0020), et les mélanomes malins (HR,2.00; IC à 95%, 1.14–3.49; p=0.015).

Globalement le risque absolu augmentait avec l’âge. Les analyses exploratoires semblent indiquer que le traitement par chimiothérapie est un facteur de risque important de MTEV mais les données n’ont pas permis d’évaluer l’effet de chaque traitement individuellement.

Dans un éditorial qui accompagne la publication de l’article, il est suggéré d’intégrer l’item « cancer » parmi les facteurs de risque pris en compte dans modèles de prédiction du risque cardiovasculaire, afin de mieux guider la prévention.

L’émergence d’une nouvelle spécialité, la cardio-oncologie (ou onco-cardiologie), ainsi que la création d’unités cliniques dédiées devraient permettre dans l’avenir une meilleure prise en charge des maladies cardiovasculaires chez les patients atteints de cancer.