Oral apixaban for the treatment of venous thromboembolism in cancer patients: results from the AMPLIFY Trial.

Date : Le 28 septembre 2015

Titre complet : Oral apixaban for the treatment of venous thromboembolism in cancer patients: results from the AMPLIFY Trial.

J Thromb Haemost. 2015 Sep 26.

SOURCE URL : http://dx. doi:10.1111/jth.13153.

Mots clés : Apixaban, enoxaparine relai AVK, maladie thromboembolique veineuse, cancer, efficacité, tolérance.

Auteurs : Agnelli G, Buller HR, Cohen A, Gallus AS, Lee TC, Pak R, Raskob GE, Weitz JI,  Yamabe T

Rédacteur (s) principal (aux) : Dr Corinne Frère

 

Texte :

L’étude AMPLIFY est une étude  randomisée en double aveugle qui a inclus 5395 patients randomisés dans 358 centres, à travers 28 pays. Son objectif  était de comparer l’apixaban (Eliquis®, Bristol-Myers Squibb et Pfizer) au traitement conventionnel par enoxaparine relai AVK dans le traitement initial de la maladie thromboembolique veineuse (MTEV).  Les résultats de cette étude ont été publiés dans le New England Journal of Medicine en 2013. L’apixaban  s’est montré non inférieur au traitement conventionnel sur un critère composite associant récurrences et décès.

Cependant, à ce jour, très peu de données sont disponibles sur l’utilisation de l’apixaban chez les patients atteints de cancer, pour lesquels, en l’absence de contre-indications, les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) au long cours sont recommandées en première intention.

Objectifs :  L’objectif de cette analyse en sous-groupe  était d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’apixaban comparativement au  traitement conventionnel par enoxaparine et AVK dans le traitement initial de la maladie thromboembolique veineuse (MTEV)  chez des patients atteints de cancer inclus dans AMPLIFY.

Méthodes : AMPLIFY est un essai randomisé en double aveugle. Dans le groupe apixaban, l’apixaban  était utilisé à la dose de 10 mg 2 fois par jour pendant 7 jours, puis de 5 mg 2 fois par jour pendant 6 mois ; dans le groupe  traitement conventionnel, l’enoxaparine était utilisée aux doses recommandées durant au moins 5 jours avec relai par warfarine durant au mois 3 mois. 5395 ayant présenté un évènement thromboembolique veineux symptomatique (TVP ou EP ou TVP+EP) ont été inclus. Il s’agit ici d’une analyse en sous-groupe chez les patients atteints de cancer actif (diagnostic ou traitement <6 mois)ou avec un antécédent de cancer. Le critère de jugement principal était composite et portait sur l’incidence des récidives de la MTEV symptomatique et des décès par MTEV. Le critère principal de tolérance était l’incidence des hémorragies majeures. Les patients ont été suivis durant 6 mois.

Les résultats ont été les suivants :

– Parmi les 5395 patients randomisés, 169 (3.1%) avaient un cancer actif, et 365 (6.8%) avait un antécédent de cancer.

– Parmi les 159 patients atteints de cancer actif analysables, 3.7% des patients ont présenté une récidive de MTEV dans le groupe apixaban vs 6.4% dans le groupe traitement conventionnel (RR, 0.56 [IC95%, 0.13-2.37]. Parmi les 354 patients ayant un antécédent de cancer analysables, 1.1% des patients ont présenté une récidive de MTEV dans le groupe apixaban vs 6.3% dans le groupe traitement conventionnel (RR, 0.17 [IC95%, 0.04-0.78]. Sur l’ensemble de ces patients (cancer actif +antécédent de cancer), 1.9% des patients ont présenté une récidive de MTEV dans le groupe apixaban vs 6.3% dans le groupe traitement conventionnel (RR, 0.30 [IC95%, 0.11-0.82]).

– Parmi les 167 patients atteints de cancer actif analysables, 2.3% des patients ont présenté une hémorragie majeure dans le groupe apixaban vs 5.0% dans le groupe traitement conventionnel (RR, 0.,45[IC95%, 0.08-2.46]). Parmi les 363 patients ayant un antécédent de cancer analysables, 0.5% des patients ont présenté une hémorragie majeure dans le groupe apixaban vs 2.8% dans le groupe traitement conventionnel (RR, 0.20 [IC95%, 0.04-0.78]. Sur l’ensemble de ces patients (cancer actif +antécédent de cancer), 1.1% des patients ont présenté une hémorragie majeure dans le groupe apixaban vs 3.5% dans le groupe traitement conventionnel  (RR, 0.32 [IC95%, 0.09−1.16]).

Relecteur(s) du Conseil scientifique du GFTC :

Sources externe ou interne (auteurs, dates, publications….)

 

Notes et réserves

Bien que le nombre de sujets examinés dans cette analyse de sous-groupe  ait été relativement faible, les résultats ne diffèrent pas des résultats globaux de l’étude AMPLIFY et  suggèrent que l’apixaban est au moins aussi efficace qu’un traitement par enoxaparin relai AVK dans le traitement initial de la MTEV chez des patients atteints de cancer. Conformément aux données de la littérature, dans cette étude, les risques de récidive de MTEV et de saignements sont plus élevés chez les patients atteints de cancer actif que chez ceux sans cancer. Cependant, le taux de récidive dans le groupe enoxaparine relai  AVK est plus faible (6.3%) que ceux précédemment rapportés dans les études CLOT (10 à 15%) et CATCH (10%). Les patients recevant une HBPM au long cours ainsi que les patients ayant une espérance de vie de moins de 6 mois ont été exclus de l’étude, ce qui explique peut-être le taux plus faible de récidive observé.

Les résultats de cette analyse en sous-groupe semblent prometteurs, cependant ses études spécifiques visant à évaluer le bénéfice des anticoagulants oraux directs dans le traitement de la MTEV chez les patients atteints de cancer sont nécessaires.