Pharmacokinetic variability of anticoagulants in patients with cancer associated thrombosis: Clinical consequences

Date : 30/01/2019

Titre : Pharmacokinetic variability of anticoagulants in patients with cancer associated thrombosis: Clinical consequences

Source URL : doi: 10.1016/j.critrevonc.2018.06.015. Epub 2018 Jul 9.

Mots clés : Pharmacocinétique, Maladie Thromboembolique Veineuse, Cancer, Anticoagulants, Héparine de Bas Poids Moléculaire, AOD, AVK.

Auteurs : Bellesoeur A, Thomas-Schoemann A, Allard M, Smadja D, Vidal M, Alexandre J, Goldwasser F, Blanchet B

Rédacteur : Dr. Ilham BENZIDIA

 

Texte :

 

Chez les atteints de thrombose associée au cancer, les données de pharmacocinétique sur les anticoagulants sont rares. En effet, ces patients, qui présentent de multiples comorbidités ont tendance à être exclus des grands essais cliniques.

Cette revue est principalement basée sur des études de cas et des études de pharmacocinétique dans le but de fournir une orientation thérapeutique pertinente basée sur nos meilleures connaissances à ce jour.

 

Chez les patients atteints de cancer, de larges variations de la pharmacocinétique des médicaments sont observées à toutes les étapes de leur métabolisme.  L’absorption peut être altérée par les vomissements itératifs, la distribution modifiée par l’hypoalbuminémie, ou encore l’excrétion perturbée par une insuffisance rénale. Ansi, une grande variabilité intra et interindividuelle peut être observée au cours du traitement, rendant difficile la prédiction de la relation effet-dose chez ces patients.

 

De nos jours, les héparines de bas poids moléculaire (HBPM) constituent le traitement de référence pour la prophylaxie et le traitement curatif à long terme de la thrombose associée au cancer. En effet, leur rapport bénéfice / risque est supérieur à celui des antagonistes de la vitamine K (AVK).  Les anticoagulants oraux directs (AOD) peuvent constituer une alternative aux HBPM, à condition que la balance bénéfice / risque soit acceptable.  L’utilisation d’anticoagulants chez les patients atteints d’un cancer est complexe, car le risque d’interactions médicamenteuses de ces anticoagulants en association à des traitements antinéoplasiques peut également entraîner une variabilité de la pharmacocinétique et un risque accru de thrombose ou d’hémorragie; notamment pour les AVK et les AOD, car leur métabolisme est lié aux voies du CYP (Cytochrome P450), contrairement aux HBPM.

Ainsi l’étude propose une évaluation systématique des risques incluant une évaluation corporelle globale (sarcopénie, hypoalbuminémie…), les différents médicaments prescrits, l’évaluation de la fonction rénale et hépatique. Cette évaluation doit être faite de manière pluridisciplinaire, une discussion précoce et systématique entre pharmacien et oncologue devrait optimiser le rapport bénéfice / risque pour chaque patient, tout en insistant, une fois la décision thérapeutique prise, sur l’importance de l’observance au travers notamment de séances d’éducation thérapeutique du patient (ETP).