Randomized Phase III Trial of Low Molecular Weight Heparin Enoxaparin in Addition to Standard Treatment in Small Cell Lung Cancer: the RASTEN Trial

Date: Le 7 novembre 2017

Titre complet: Randomized Phase III Trial of Low Molecular Weight Heparin Enoxaparin in Addition to Standard Treatment in Small Cell Lung Cancer: the RASTEN Trial.

SOURCE URL : doi.org/10.1093/annonc/mdx716

Mots clés : événements thromboemboliques, cancer du poumon à petites cellules, HBPM

Auteurs: L Ek, E Gezelius, B Bergman, P O Bendahl, H Anderson, J Sundberg, M Wallberg, U Falkmer, S Verma, M Belting

Rédacteur : Dr Francis CAJFINGER

Texte :

Selon une étude récemment publiée dans Annals of Oncology, les HBPM utilisées à doses « supra » prophylactiques en association avec le traitement standard n’améliorent pas la survie globale (SG) des malades atteints d’un cancer du poumon à petites cellules (CPPC).

Les événements thromboemboliques (ETE) sont des complications fréquentes chez les malades atteints de cancer et ils sont associés à un pronostic défavorable. Des études antérieures ont suggéré que les HBPM avaient une action anti tumorale, et qu’elles pourraient donc apporter un bénéfice en terme de survie chez les malades atteints de CPPC.

Dans l’essai de phase 3 Rasten, les auteurs ont randomisé 337 malades atteints de CPPC récemment diagnostiqué en deux bras : le premier a reçu un traitement standard par chimio-radiothérapie, et le second a reçu un traitement standard par chimio-radiothérapie plus de l’enoxaparine en injections quotidiennes à la posologie d’1 mg/kg/jour pendant 21 jours. Les malades ont été évalués tous les 2 mois, au début de chaque cycle de chimiothérapie.

Au terme d’un suivi moyen de 41 mois, aucune différence significative n’a été observée entre les 2 bras en terme de SG (SG de 10.6 mois dans le groupe expérimental vs. 11.3 mois dans le groupe recevant le traitement standard (HR 1.11; 95% CI: 0.89-1.38, P=0.36), et en terme de survie sans progression (HR 1.18; 95% CI: 0.95-1.46, P=0.14).

Le taux de survie à 1 an dans le groupe expérimental a été de 48% contre 47 % dans le bras standard (HR 0.98; 95% CI: 0.74-1.30, P=0.92).

Les malades inclus dans le bras expérimental ont présenté significativement moins d’ETE mais plus d’événements hémorragiques, et des hémorragies fatales ont été observées dans les deux bras.

Pour les auteurs, l’étude apporte des arguments contre l’emploi des HBPM en traitement adjuvant dans le CPPC, et elle souligne l’importance de biomarqueurs qui permettaient de guider les cliniciens dans la prescription d’HBPM à titre individuel.

Que faut-il en retenir ?

Une nouvelle fois, il est démontré que les HBPM n’apportent pas de bénéfice en terme de survie globale dans le cancer du poumon. La posologie utilisée dans cette étude est-elle insuffisante, comme cela a été suggéré pour l’étude TILT ?

Il semble fondamental d’une part de parvenir à mieux stratifier les patients, et d’autre part d’identifier des biomarqueurs qui permettront d’individualiser le traitement pour chaque patient ….