Renal Impairment, Recurrent Venous Thromboembolism and Bleeding in Cancer Patients with Acute Venous Thromboembolism-Analysis of the CATCH Study.

Date: Le 07 avril 2018

Titre complet: Renal Impairment, Recurrent Venous Thromboembolism and Bleeding in Cancer Patients with Acute Venous Thromboembolism-Analysis of the CATCH Study.

SOURCE URL: 10.1055/s-0038-1641150

Mots clés : Maladie Thromboembolique veineuse, Cancer, Héparines de bas poids moléculaire, Antivitamines K, Insuffisance rénale

Auteurs : Bauersachs R, Lee AYY, Kamphuisen PW, Meyer G, Janas MS Jarner MF, Khorana AA

Rédacteur : Dr. Corinne FRERE

Texte :

La gestion de l’anticoagulation est délicate chez les patients avec insuffisance rénale (IR). Ces patients ont un risque hémorragique accru secondaire à des troubles de l’hémostase primaire, principalement en relation avec une dysfonction plaquettaire, des anomalies de l’interaction entre les plaquettes et le vaisseau et une production anormale de NO. Paradoxalement, ces patients présentent également un état d’hypercoagulabilité dont l’étiologie est multifactorielle. Les HBPM sont métabolisées par le rein, et elles sont contre-indiquées en cas de clairance de la créatinine < 30 ml/min en raison d’un risque d’accumulation et de surdosage. Peu de données sont disponibles dans la littérature sur la gestion des anticoagulants chez les patients atteints de cancer et traités pour maladie thromboembolique veineuse (MTEV).

L’étude randomisée CATCH (Comparison of Acute Treatments in Cancer Hemostasis) a comparé les HBPM utilisées au long cours au traitement standard par HBPM relais AVK pour le traitement curatif de la MTEV chez les patients atteints de cancer. Neuf cents patients ont été inclus dans cet essai, randomisés en deux bras : un bras tinzaparine (175 UI/Kg par jour pendant 6 mois) et un bras warfarine (tinzaparine à la dose de 175 UI/Kg par jour pendant 5 à 10 jours jusqu’à obtention d’un INR efficace (entre 2 et 3) puis AVK seuls pour une durée totale de 6 mois). Les caractéristiques des patients étaient identiques dans les deux bras. Les taux de récidives de MTEV ont été de 6,9% dans le bras tinzaparine et de 10,5% dans le groupe warfarine (p=0.07).

L’objectif de cette analyse secondaire était d’évaluer l’impact de la fonction rénale sur l’efficacité et la sécurité du traitement anticoagulant. Le débit de filtration glomérulaire (DFG) a été évalué à l’aide de la formule MDR (Modification of Diet in Renal Disease) et la présence d’une IR était définie par un DFG <60 ml/min/1.73m m².

Sur les 900 patients inclus, 864 patients (96%) ont été analysés : 69 /424 patients (16%) dans le bras tinzaparine et 62/440 patients (14%) dans le bras warfarine avaient un DFG< 60 mL/min/1.73m². Le taux de récidive de MTEV a été de 14% chez les patients ayant une IR vs. 8% chez les patients n’ayant pas d’IR (risque relatif [RR] :1,74, intervalle de confiance à 95% [IC 95%] : 1,06-2,85). Le taux d’hémorragies cliniquement pertinentes a été de 19% chez les patients ayant une IR vs. 14% chez les patients n’ayant pas d’IR (RR : 1,33 ; IC 95% : 0,90-1,98). Le taux d’hémorragies majeures a été de 6,1% chez les patients ayant une IR vs. 2,0% des patients n’ayant pas d’IR (RR : 2,98 ; IC 95% : 1,29- 6,90). Les taux de mortalité ont été de 40% et 34%, respectivement (RR : 1,20 ; IC 95% : 0,94-1,53). Les taux de récidive de MTEV, d’hémorragies cliniquement pertinentes, et d’hémorragies majeures chez les patients avec IR ne différaient pas entre les groupes tinzaparine et warfarine.

La proportion de patients présentant une IR modérée rapportée dans l’étude CATCH est plus importante que celle précédemment rapportée dans les registres (15% vs. 5%), et la présence d’une IR est associée à une augmentation du risque de récidive de MTEV et d’hémorragies majeures. Ces résultats soulignent l’importance d’une anticoagulation efficace et sûre chez les patients atteints de cancer et présentant une IR.