Risk of Arterial Thromboembolism in Patients With Cancer

Date : Le 25 aout 2017

Titre complet: Risk of Arterial Thromboembolism in Patients With Cancer.

SOURCE URL : 10.1016/j.jacc.2017.06.047.

Mots clés : thrombose artérielle, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, cancer.

Auteurs : Navi BB, Reiner AS, Kamel H, Iadecola C, Okin PM, Elkind MSV, Panageas KS, DeAngelis LM.

Rédacteur : Dr Francis Cajfinger

Texte :

Selon les résultats d’une étude récente parue dans le Journal of American College of Cardiology, les patients avec un diagnostic récent de cancer ont un risque accru d’infarctus du myocarde (IDM) et d’accidents vasculaires cérébraux (AVC), en particulier dans les 6 mois qui suivent le diagnostic de cancer.

La relation entre cancer et survenue d’un évènement ischémique artériel (IDM et AVC) a jusqu’ici été mal caractérisée; selon Babak B. Navi et coll., du département de neurologie de Cornell à New York, « environ 40% des américains développeront un cancer au cours de leur vie. Actuellement, ces malades ne reçoivent pas de traitement préventif des thromboses artérielles, alors qu’ils font face à un risque accru de complications ischémiques».

Les auteurs ont analysé les données du registre SEER (Surveillance, Epidemiology, and End Results Program) de Medicare et ont comparé les taux d’incidence cumulée d’IDM et d’AVC chez 279719 patients avec un diagnostic récent de cancer du sein, du poumon, de la prostate, colorectal, de la vessie, du pancréas, de l’estomac ou de lymphome non hodgkinien et chez à 279719 patients appariés non cancéreux.

A 6 mois de suivi, les patients cancéreux ont une incidence cumulée d’IDM et d’AVC de 4,7% (IC à 95%,4.6-4.8) versus 2,2 % (IC à 95%,2.1-2.2) chez les patients non cancéreux (HR, 2.2; IC à 95 %, 2.1-2.3). L’incidence cumulée à 6 mois d’IDM est de 2 % (IC à95%,1,9-2) chez les patients cancéreux versus 0,7 % (IC à 95%, 0.6-0.7) chez les patients non cancéreux (HR,2.9; IC à 95%, 2.8-3.1). Le risque cumulé d’AVC ischémique est de 3% (IC à 95%, 2.9-3.1) versus 1,6% (IC à95 %, 1.6-1.7) chez les patients non cancéreux (HR,1.9; IC à 95% ,1.8-2).

Le risque varie selon le type et le stade du cancer, et diminue après 6 mois.

Pour Navi et col, les résultats de l’étude soulèvent la question de l’indication d’un traitement anti thrombotique et/ou des statines en prévention primaire chez les malades chez qui le diagnostic de cancer vient d’être posé. Dans la mesure ou le risque hémorragique est plus élevé chez ces malades, « il y a nécessité d’essais cliniques soigneusement menés afin de répondre à ces questions ».

Pour les auteurs « les résultats montrent qu’un cancer est un facteur de risque sous-estimé et pourtant fréquent d’évènements thrombotiques artériels. Des études mécanistiques sont nécessaires à la compréhension de ces résultats, et l’utilité d’inclure le cancer comme facteur de risque prédictif doit être évaluée ainsi que l’utilité de stratégies thérapeutiques optimales pour prévenir les accidents thrombotiques artériels chez ces malades ».

Commentaire:

Dans un éditorial qui accompagne l’article, Edward T.H. Yeh précise que « cet article ne doit pas être principalement vu comme une confirmation du syndrome de Trousseau. C’est un appel à une coopération entre cardiologues et oncologues pour prévenir la survenue des thromboses artérielles chez les malades cancéreux, et une incitation pour les cardiologues interventionnels, à jouer un rôle actif dans la prise en charge des malades atteints d’un cancer. »

Il y a plus de 150 ans, Trousseau décrivait pour la première fois l’association thrombose et cancer ; cette étude démontre clairement que le risque n’est pas circonscrit au territoire veineux, mais concerne également le territoire artériel.