Risk of thromboembolic disease in men with prostate cancer undergoing androgen deprivation Therapy.

Date : Le 1 octobre 2016

Titre complet: Risk of thromboembolic disease in men with prostate cancer undergoing androgen deprivation

Therapy.

SOURCE URL : doi: 10.1111/bju.13360

Mots clés : maladie thromboembolique veineuse, cancer de la prostate, blocage androgénique.

Auteurs : O’Farrell S , Sandström K , Garmo H , Stattin P , Holmberg L , Adolfsson J , Van Hemelrijck M

 

Rédacteurs : Dr Francis Cajfinger

 

Texte : Dans cette étude, les auteurs ont noté que chez les malades ayant un BA (blocage androgénique) l ‘incidence des événements thromboemboliques augmentait avec la durée du traitement et que le risque était au plus élevé chez les malades qui changeaient de protocole. Ceci pourrait suggérer que la progression de la maladie, ainsi que le BA, contribuent à l’augmentation du risque thromboembolique. Néanmoins, ces résultats soulignent l’hypothèse selon laquelle seuls les patients ayant une indication valide doivent bénéficier d’un BA systémique.

Commentaire: Les événements thromboemboliques (ETE) sont, on le sait, fréquents dans le cancer. Dans cette analyse de la banque de données suédoise qui regroupe près de 98 % des nouveaux  cas de cancer de la prostate, les auteurs ont comparé une population de patients porteurs d’un cancer de la prostate sous BA (anti androgènes, agonistes de la LHRH, blocage androgénique complet, castration chirurgicale) à une cohorte d’hommes sans cancer de la prostate. Les auteurs ont noté que les malades qui avaient été “switchés” des anti-androgènes aux agonistes de la LHRH  avaient le risque le plus élevé d’embolie pulmonaire. Les malades sous BA qui avaient subi des procédures supplémentaires telles une RTU, une radiothérapie palliative, ou une néphrostomie avaient également un risque supplémentaire. De ce fait, les auteurs concluent que la durée du traitement et le changement de traitement peuvent augmenter le risque thromboembolique.

En quoi est-ce important ? Il est nécessaire d’informer les malades porteurs d’un cancer de la prostate et ayant un BA sur l’augmentation du risque thrombo-embolique. Mais il y a des limites : tout d’abord, les résultats peuvent être influencés par une maladie en progression, elle-même facteur de risque d’événements thromboemboliques. De plus, les populations de malades sont variées : elles incluent des âges différents, des catégories de risque et des traitements différents. Que peut-on conclure ? Les malades porteurs d’un cancer de la prostate et qui reçoivent un BA devraient être informés du risque thromboembolique dans la mesure où ils ont un risque significativement accru dès l’initiation du traitement, ainsi que lors des actes thérapeutiques.

Le BA a des effets indésirables connus, en particulier sur le plan métabolique ,telle l’intolérance au glucose et l’ostéoporose. Dans l’article d’O ’Farrell et al., les auteurs nous fournissent des données qui suggèrent que le risque d’événement thrombo-embolique est augmenté par le BA. Bien que cette étude comporte des limites, dans la mesure où un certain nombre de cancers y compris le cancer de la prostate augmente le risque thrombo-embolique, il semble que le BA  ait un risque anticipé supérieur au groupe témoin.

Ceci amène à plusieurs conclusions. L’une est claire, le BA a un certain nombre d’effets délétères, et donc ne devrait être utilisé que dans des indications précises, et pas uniquement chez des malades ayant un PSA qui augmente. Il y a dans la littérature des antécédents bien connus de sur prescription de BA . En outre, la prescription d’un BA pour une maladie localisée reste vivace malgré l’absence de preuves dans cette indication.

Cet article aide le clinicien à être alerté sur la possibilité d’ETE telles une TVP et une EP qui bien sûr nécessitent une prise en charge urgente. La sensibilisation des praticiens à cette complication potentielle peut aboutir à une meilleure prise en charge du cancer de la prostate que le BA soit utilisé ou pas.

En conclusion , dans notre précédente chronique paru au mois de juillet, nous avions déjà évoqué  le risque thrombogène lié au bloquage androgénique ; cette nouvelle étude ne fait que confirmer ces résultats; parlons-en à nos collègues urologues.