Screening for Occult Cancer in Patients With Unprovoked Venous Thromboembolism: A Systematic Review and Meta-analysis of Individual Patient Data.

Date : Le 25 aout 2017

Titre complet: Screening for Occult Cancer in Patients With Unprovoked Venous Thromboembolism: A Systematic Review and Meta-analysis of Individual Patient Data.

SOURCE URL : doi: 10.7326/M17-0868

Mots clés : maladie thromboembolique veineuse, cancer occulte.

Auteurs : Van Es N, Le Gal G, Otten HM, Robin P, Piccioli A, Lecumberri R, Jara-Palomares L, Religa P, Rieu V, Rondina M, Beckers MM, Prandoni P, Salaun PY, Di Nisio M, Bossuyt PM, Büller HR, Carrier M.

Rédacteur : Dr Francis Cajfinger

Texte :

La survenue d’un épisode non provoqué de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) peut être le premier signe d’un cancer occulte. Doit-on pour autant rechercher de façon systématique un cancer devant tout épisode non provoqué de MTEV ? Bien que pertinente, cette question clinique s’avère complexe, car si la détection d’une pathologie maligne à un stade précoce est d’un intérêt indubitable (elle permettrait d’instaurer un traitement précoce et de modifier le pronostic oncologique), une stratégie de dépistage « extensive » peut exposer à un risque de  faux positif, et elle nécessite une batterie d’examens complémentaires qui exposent les malades à une anxiété et  potentiellement à des complications liées à des procédures +/-invasives.

Van Es et coll. ont récemment publié dans Annals of Internal Medicine une méta analyse sur ce sujet. Cette revue systématique de la littérature montre qu’un cancer occulte est détecté chez 1 malade sur 20 dans l’année suivant le diagnostic de MTEV non provoquée, et qu’il existe une association entre l’âge et les taux de cancers détectés. Bien qu’une stratégie de dépistage « extensive » permette de détecter deux fois plus de cancers que la stratégie de dépistage usuelle, aucune différence statistiquement significative n’a été observée entre ces deux approches.

Les auteurs ont recueilli de façon exhaustive les études réalisées entre Novembre 2007 et Janvier 2016 sur cette thématique à partir des bases de données MEDLINE, EMBASE, et COCHRANE. Les études éligibles devaient avoir inclus de manière prospective des patients adultes avec MTEV non provoquée confirmée par imagerie et ayant bénéficié d’un suivi de 12 mois minimum.

Dix études éligibles ont été identifiées, et les données individuelles de 2316 malades (âge moyen de 60 ans) ont été analysées. Cinquante-huit pour cent des malades inclus ont bénéficié d’une stratégie de dépistage « extensive ». La prévalence du cancer durant les 12 premiers mois après thrombose veineuse non provoquée est de 5,2% (IC à 95%, 4.1%-6.5%). La prévalence d’un cancer occulte est initialement plus élevée chez les malades ayant bénéficié d’une stratégie de dépistage « extensive » (OR, 2.0; IC à 95 %, 1.2-3.4) mais pas à 12 mois (OR, 1.4; IC à 95 %, 0.89-2.1). Cette prévalence augmente de manière linéaire avec l’âge et elle est sept fois plus élevée après 50 ans (OR, 7.1; IC à 95%, 3.1-16).

Commentaire:

Pour les auteurs de l’étude, une stratégie de dépistage « extensive » permet de dépister plus de cancers  occultes mais au prix d’examens complémentaires coûteux ; il n y a, à l’heure actuelle, pas suffisamment de preuves pour adopter cette stratégie en routine chez les malades ayant présenté une thrombose non provoquée…Etant donné que le suivi clinique réalisé dans les différentes études analysées était relativement court, on ne peut pas dire si l’augmentation de détection de cancer occulte par des tests de dépistage approfondis se traduit de manière bénéfique en terme de morbi-mortalité .

S’IL FALLAIT RETENIR DES ELEMENTS SIMPLES :

-Un cancer occulte est découvert chez un malade sur 20 dans les 12 mois suivant un diagnostic de thrombose non provoquée.

-Il existe une association entre stratégie extensive de dépistage et probabilité accrue de détecter un cancer au moment du dépistage initial.

-Bien qu’une stratégie extensive de dépistage puisse initialement détecter plus de cas de cancer qu’un dépistage limité, il reste à prouver que cela se traduit par une amélioration du pronostic des malades.