Screening for Occult Cancer in Unprovoked Venous Thromboembolism.

Date : Le 25 septembre 2015

Titre complet: Screening for Occult Cancer in Unprovoked Venous Thromboembolism.

N Engl J Med. 2015 Aug 20;373(8):697-704

SOURCE URL : http://dx. doi: 10.1056/NEJMoa1506623

Mots clés : maladie thromboembolique veineuse, cancer, stratégie de dépistage.

Auteurs : Carrier M, Lazo-Langner A, Shivakumar S, Tagalakis V, Zarychanski R, Solymoss S, Routhier N, Douketis J, Danovitch K, Lee AY, Le Gal G, Wells PS, Corsi DJ,Ramsay T, Coyle D, Chagnon I, Kassam Z, Tao H, Rodger MA; SOME Investigators.

Rédacteur (s) principal (aux) : Dr Corinne Frère

 

Texte :

La survenue d’un épisode de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) aiguë non provoquée peut révéler une néoplasie durant l’année qui suit le diagnostic (jusqu’à 10% des cas selon certaines études). Une stratégie efficace de dépistage d’un cancer occulte pourrait permettre une prise en charge précoce du patient et améliorer ainsi le pronostic oncologique.

Objectifs : L’étude canadienne SOME (Screening for Occult Malignancy in Patients with Idiopathic Venous Thromboembolism) a évalué l’intérêt de réaliser un scanner abdomino-pelvien à la recherche d’une néoplasie occulte chez les patients présentant un premier épisode de MTEV aiguë non provoquée (TVP ou EP ou TVP+EP).

Méthodes : Il s’agit d’une étude multicentrique, randomisée, ouverte, contrôlée. Les patients inclus étaient des patients  présentant un premier évènement thromboembolique veineux non provoqué avéré (TVP ou EP ou TVP+EP). Les patients étaient randomisés entre un dépistage «  limité » ou un dépistage « limité » plus scanner abdomino-pelvien. Le bilan «  limité » comportait un questionnaire, un examen clinique, un bilan biologique standard, une radiographie pulmonaire et selon l’âge et le sexe, la recherche de néoplasies du sein, du col de l’utérus et de la prostate. Dans le groupe dépistage « limité » plus scanner abdomino-pelvien, un scanner abdomino-pelvien en double contraste permettant une coloscopie et une gastroscopie virtuelles était réalisé. Un suivi a été effectué à un an.

Les résultats ont été les suivants :

– 854 patients ont été inclus. Les caractéristiques des patients étaient identiques dans les deux groupes.

– Entre l’inclusion et la visite de suivi à un an, un cancer a été diagnostiqué (histologiquement) chez 33 des 854 patients randomisés (3,9%) : 14 patients (3,2%) du groupe dépistage «  limité »  et 19 patients (4,5%) du groupe  dépistage « limité » plus scanner abdomino-pelvien (p=0.28).

– Le nombre de cancers qui n’ont pas été détectés a été 4 (29%) dans le groupe dépistage «  limité » et de 5 (26%) dans le groupe  dépistage « limité » plus scanner abdomino-pelvien (p=1.0). Il n’y avait pas de différence significative dans la nature des cancers non détectés (une leucémie, un cancer du côlon et un cancer gynécologique dans chaque groupe ; un cancer du pancréas dans le groupe dépistage « limité » ; un mélanome et un cancer de la prostate dans le groupe dépistage « limité » plus scanner abdomino-pelvien)

– Le délai médian avant le diagnostic de cancer était similaire dans les deux groupes. (respectivement 4,2 mois et 4 mois, p= 0,88).

– Enfin, la mortalité par cancer à 1 an a été similaire dans les deux groupes (1.4% vs 0,9%, p= 0,75).

Relecteur(s) du Conseil scientifique du GFTC :

Sources externe ou interne (auteurs, dates, publications….)

 

Notes et réserves

Dans l’éditorial qui accompagne la publication des résultats de cette étude, Alok Khorana souligne qu’une revue récente Cochrane de 2015 n’a identifié que deux études randomisées ou quasi-randomisées sur ce sujet, impliquant 396 patients. L’étude SOME est donc la plus grande étude multicentrique prospective et randomisée ayant comparé une stratégie de dépistage simple à une stratégie associant systématiquement un scanner abdomino-pelvien «amélioré ».

Les résultats de SOME montrent que la réalisation d’un scanner abdomino-pelvien systématique chez les patients présentant un premier épisode de MTEV aiguë non provoquée ne permet pas d’améliorer le dépistage d’un cancer occulte.