Treatment and Long-Term Clinical Outcomes of Incidental Pulmonary Embolism in Patients With Cancer: An International Prospective Cohort Study

Date : 1er juin 2019

Titre : Treatment and Long-Term Clinical Outcomes of Incidental Pulmonary Embolism in Patients With Cancer: An International Prospective Cohort Study

Source URL : doi: 10.1200/JCO.18.01977.

Mots clés : Maladie thromboembolique veineuse – Cancer– Embolie pulmonaire de découverte fortuite

Auteurs : Kraaijpoel N, Bleker SM, Meyer G, Mahé I, Muñoz A, Bertoletti L, Bartels-Rutten A, Beyer-Westendorf J, Porreca E, Boulon C, van Es N, Iosub DI, Couturaud F, Biosca M, Lerede T, Lacroix P, Maraveyas A, Aggarwal A, Girard P, Büller HR, Di Nisio M ; UPE investigators

Rédacteur : Dr. Corinne FRERE

Texte :

L’amélioration des techniques d’imagerie et l’utilisation croissante des scanners réalisés dans le cadre des bilans d’extension et du suivi des patients avec cancer s’accompagnent d’une augmentation importante du nombre de patients chez lesquels une embolie pulmonaire (EP) est découverte de façon fortuite (environ 5% des cas). En l’absence de données spécifiques, les recommandations actuelles préconisent de traiter ces patients par héparine de bas poids moléculaire (HBPM), en l’absence de contre-indication, pour une durée minimale de 6 mois, de même que les patients atteints d’une EP symptomatique.

Il existe cependant très peu de données spécifiques dans la littérature concernant le risque de récidive de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) dans ce contexte.

Dans cette étude de cohorte, prospective et internationale, menée entre 2012 et 2017, tous les patients avec cancer actif et diagnostic d’EP fortuite étaient éligibles. Les patients inclus ont été suivis durant 12 mois, avec des visites de suivi à 3, 6 et 12 mois.

Au total, 695 patients ont été inclus. L’âge moyen était de 66 ans et 58% des patients étaient de sexe masculin. Les types de cancer les plus fréquents étaient le cancer colorectal (21%) et le cancer du poumon (15%). Un traitement anticoagulant a été instauré chez 675/695 patients (97%), et 600/695 (89%) patients ont été traités par HBPM, à doses thérapeutiques dans 89 % des cas. L’incidence cumulée de récidive de MTEV à 12 mois a été de 6% (IC à 95% : 4,4% à 8,1%), et 78% des récidives sont survenues au cours de la période de traitement. L’incidence cumulée des hémorragies majeures à 12 mois (principalement gastrointestinales, intracrâniennes ou urogénitales) a été de 5,7% (IC à 95% : 4,1% à 7,7%). Deux cent quatre-vingt-trois patients sont décédés au cours du suivi (incidence cumulée de décès à 12 mois : 43% ; IC à 95% : 39% à 46%). L’incidence des récidives de MTEV à 12 mois a été de 6,4% chez les patients avec EP sous-segmentaire versus 6,0% chez ceux avec EP proximale (RR :1,1 ; IC à 95% : 0,37 à 2,9 ; p=0.93).

Ainsi, chez les patients atteints de cancer avec EP de découverte fortuite, le risque de récidive de MTEV demeure élevé malgré un traitement anticoagulant bien conduit. Dans cette étude, les patients avec EP sous-segmentaire présentaient un risque de récidive de MTEV comparable à celui des patients avec EP proximale.

Ces résultats soulignent l’importance de traiter les EP de découverte fortuite comme les EP symptomatiques, qu’elles soient sous-segmentaires ou proximales, ainsi que le préconisent les recommandations actuelles de bonne pratique clinique pour la prise en charge de la MTEV chez les patients atteints de cancer.