Venous thromboembolism associated with CD19-directed CAR T-cell therapy in large B-cell lymphoma

Date: 1er Octobre 2020

Titre: Venous thromboembolism associated with CD19-directed CAR T-cell therapy in large B-cell lymphoma

Source URL: doi: 10.1182/bloodadvances.2020002060..

Mots-clés: Lymphome; CAR-T cells; Maladie thromboembolique veineuse.

Auteurs: Hashmi H, Mirza AS, Darwin A, Logothetis C, Garcia F, Kommalapati A, Mhaskar RS, Bachmeier C, Chavez JC, Shah B, Pinilla-Ibarz J, Khimani F, Lazaryan A, Liu H, Davila ML, Locke FL, Nishihori T, Jain MD.

Rédacteur: Dr Corinne FRERE

Introduction :

Les CAR-T cells (cellules T porteuses d’un récepteur chimérique) constituent une nouvelle forme d’immunothérapie en plein développement pour le traitement des lymphomes réfractaires.

Elles sont fabriquées à partir des lymphocytes T du patient qui, une fois modifiés génétiquement et réinjectés, sont capables de reconnaitre et de détruire spécifiquement les cellules malignes.

Deux médicaments CAR-T cells ont obtenu une autorisation de mise sur le marché en Europe pour le traitement des lymphomes réfractaires: le Kymriah (tisagenlecleucel, laboratoire Novartis) pour le traitement de 3ème ligne ou plus du lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) réfractaire ou en rechute, et le Yescarta (axicabtagene ciloleucel, laboratoire Gilead) pour  le traitement pour le traitement de 3ème ligne ou plus du lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) ou du lymphome médiastinal primitif à grandes cellules B (LMPGCB) réfractaire ou en rechute.

Les principaux effets indésirables de ces traitements sont le syndrome de relargage des cytokines, les complications neurologiques et les complications infectieuses secondaires à l’aplasie médullaire.

Le risque de maladie thromboembolique veineuse (MTEV) associé à l’utilisation des CAR-T cells n’est à ce jour pas documenté.

Méthodes et résultats :

Cette étude rétrospective monocentrique a inclus 148 patients consécutifs ayant reçu  un traitement par CAR-T cells pour lymphome réfractaire entre mai 2015 et septembre 2019. Aucune thromboprophylaxie n’a été utilisée en routine, y compris pour les patients admis en soins intensifs.

Parmi les patients analysés, 23% (28/121) avaient présenté un épisode de MTEV au cours des 6 mois précédant l’administration des CAR-T cells, et 42% d’entre eux étaient encore sous traitement anticoagulant au moment de l’administration des CAR-T cells.

Le traitement anticoagulant a été arrêté dans la moitié des cas (6/12 patients), en raison d’une thrombopénie induite survenue entre 2 et 7 jours après administration des CAR-T cells, et 2 des 6 patients chez qui le traitement anticoagulant avait été interrompu ont présenté un nouvel épisode de MTEV.

Au total, un nouvel épisode de MTEV est survenu chez 11% (16/148) des patients, entre J0 et J100 après administration des CAR-T cells, dont les 2 cas sus-mentionnés, et une anticoagulation curative a été mise en route chez 6 patients. Ces épisodes de MTEV ont été initialement traités par anticoagulation dans 75 % des cas (12/16 patients), mais le traitement anticoagulant a été interrompu chez 5/12 patients en raison d’une thrombopénie survenue entre 3 et 10 jours après administration des CAR-T cells.

Aucun patient n’a présenté d’événement hémorragique majeur et aucun patient n’est décédé d’une MTEV. Parmi les 16 patients qui ont présenté un épisode de MTEV, 10 sont décédés et 5/6 patients en rémission durable sont restés sous anticoagulation pendant au moins 3 mois.

Conclusion :

Bien que de petit effectif, cette série est la première à rapporter la prévalence des complications thromboemboliques après administration de CAR-T cells et à souligner la complexité de la mise en œuvre d’un traitement anticoagulant dans ce contexte.